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L'ANNEE TRADITIONNELLE A BANGOU: La semaine traditionnelle chez les Bamiléké en général compte huit jours. Chacun de ces huit jours a une signification liée, soit aux activités qui lui sont réservées, soit à une histoire particulière de chaque village. D'une manière générale, le temps est indiqué par des évènements qui le marquent; C'est ainsi que pour avoir remporté une bataille le Lundi celui-ci peut se trouver appelé VICTOIRE, Pour avoir fait une récolte fructueuse d'arachides en septembre ce mois devient ARACHIDES, etc.
Aussi trouve t'on dans cette logique des jours interdits, conformémént aux évènements que ces jours auraient connus. a Bangou nous avons trois jours interdits qui sont les suivants: Ngédjou, Di'ntouoh, Zeudjouoh. Pendant ces jours, certaines activités telles que des enterrements, des funérailles, des marchés sont strictements interdites dans tout le village.
Pour comprendre l'évolution du temps à Bangou et de même faire vos prévisions, veuillez trouver ci-dessous le calendrier 2008 de BANGOU réalisé pour votre usage.
BAMILEKE: ORIGINE ET TRADITIONS
Bamiléké et Bamoun sont deux ethnies les plus importantes du Cameroun et leur origine comme celle des Tikar reste encore aujourd'hui sujet à discussion. En effet une hypothèse admet que le peuple binam (du soleil couchant) serait les descendants de la 12e tribu d'Israël disparue durant l'exode entre l'Egypte et la terre promise, qui aurait alors remonté le Nil en direction du Kenya d'où il serait parti pour se retrouver dans la plaine Tikar, au Nord-Ouest du Cameroun.
Certains rites caractérisent l'ensemble des peuples issus de cette migration: Danses traditionnelles, musiques traditionnelles, diverses coutumes pratiquées à l'aide de nombreux supports parmi lesquels; le Ndedieup, le Nou-kheu, la Kola, le Feukeuk, le Tam-tam, la queue du cheval, le Nze-ndop, les cauris.
De ce fait et à quelques variantes près, les traditions chez les Bamiléké sont identiques.
La chefferie
Le Chef est à la tête de la hiérarchie traditionnelle. Dépositaire des coutumes ancestrales, personnage sacré au pouvoir divin, il veille à la sécurité de son peuple. Aussi la désignation de son successeur a t-elle un caractère absolu et sacré. Si par des forces intérieures ou extérieures un usurpateur arrivait à prendre le pouvoir, le culte est interrompu et le village est frappé de plusieurs malheurs.
Quoique le chef a sur son village une autorité illimitée, il vit sur la hantise de ses notables car ceux-ci pris ensemble ont sur lui un droit de vie ou de mort. Ils le placent au trône comme ils peuvent l'en éliminer.
En principe, le chef tire son autorité de sa légitimité: Il doit en effet être fils de chef, né quand son père était au trône, avoir été choisi par son défunt père qui avait alors confié son nom aux NKEP'FEU (notables qui intronisent les chefs). Il sera arrêté lors du deuil de son père et conduit au LA'KEP en vue d'y être initié à sa fonction de chef et aux secrets magiques: Cette légitimité lui confère l'autorité de chef, qui devient alors le garant de la prospérité et de la survie de la chefferie.
Désignation et intronisation d'un chef
La désignation et l'intronisation d'un chef sont du ressort de deux collèges de grands notables:
Le premier collège constitué de sept membres, NKEP SO'MBA, qui a pour responsabilité de présenter aux populations le successeur du chef défunt.
Le deuxième collège constitué de neuf membres, NKEP VEU'HE, qui a pour mission d'assurer la formation du nouveau chef durant son séjour au LA'KEP.
Le respect du chef
Le respect du chef est le fondement même de la tradition bamiléké. Les signes et des marques distinctifs officiels régissent les rapports entre le chef et ses sujets. Citons quelques exemples:
-Tout individu de rang inférieur doit se décoiffer devant le chef, pratique valable entre deux chefs de rangs différents.
-Personne n'a le droit de s'assoir sur la chaise d'un chef.
-Aucun sujet sans titre ne peut s'assoir sur la chaise d'un chef de quartier, d'un sous-chef ou d'un notable.
Un principe général en droit coutumier étend ces pratiques à l'ensemble des villages Bamiléké. Un ressortissant, notable ou non d'un village Bamiléké doit garder vis-à-vis de tous les chefs Bamiléké coutumièrement ou normalement intronisés, les mêmes préséances. De même, un titre nobiliaire, le rang social d'un notable et la hiérarchie coutumière qui lui sont reconnus par un chef Bamiléké sont valables et produisent les mêmes effets dans tous les villages Bamiléké; Le rang du chef est indépendant de sa personnalité et de sa capacité juridique. Il jouit de tous ses droits et de son rang, qu'il soit mineur, vieux, ou même aliéné mental. Il ne perd sa qualité et son rang que par la mort ou la guerre.
Le chef étant l'incarnation même de la noblesse, ne doit pas être abordé de n'importe quelle manière c'est ainsi que pour l'aborder il faut se décoiffer, taper les deux mains comme pour attirer son attention, ensuite former un poing à moitié fermé avec l'une des deux mains et le pauser dans la paume de l'autre main et enfin porter tout ceci tout près de la bouche et dire soit Ya Mbeloug soit Zé Mbeloug.
Une société féodale ouverte aux valeurs démocratiques
La qualité du citoyen, le rang, le titre d'un menbre de la communauté varie dans le temps, notamment en fonction du mérite personnel. La promotion sociale Bamiléké s'effectue par l'admission du promu dans l'un ou l'autre des multiples conseils de notables, et se caractérise par une gradation de plus en plus élevée sur la pyramide de la hiérarchie des cadres coutumiers. Cette gradation hiérarchique et progressive constitue une sorte d'école de la vie, où les futurs conseillés et notables sont formés à l'exercice du pouvoir. Dans la société Bamiléké, le seul mérite d'un individu peut le conduire du tréfonds de la hiérarchie sociale jusqu'au plus haut degré de dignité. Cependant, une fois acquise, celle-ci devient héréditaire et se transmet de père en fils. Il ressort de l'analyse de l'organisation de la hiérarchie sociale chez les Bamilékés que la société est fondée sur un modèle original de féodalité démocratique. Les valeurs personnelles de l'individu, sa bravoure, sa vaillance,son intelligence et ses mérites peuvent le conduire jusqu'au sommet de la pyramide sociale, le seul poste réservé étant celui du chef (en temps de paix).
Les sociétés secrètes
Les socétés secrètes sont spécifiques au pays Bamiléké. Dans une chefferie, ont peut dénombrer plusieurs dizaines de sociétés qui peuvent être réparties en deux ensembles: les sociétés politico-administratives tel que le conseil des neufs, les sociétés guerrières, et les sociétés magico-réligieuses tel que le conseil des sept, les sociétés totémiques. Les principaux rôles de ces sociétés sont de sécuriser l'individu en le protégeant par des pratiques et /ou magico-réligieuses, assurer la promotion de l'individu, permettre au chef de bien diriger son peuple. Tout individu peut avoir accès aux sociétés secrètes, soit par mérite, soit par succession.
NKEP VEU'HE
Il s'agit d'un conseil constué de neuf membres. Doté de pouvoirs importants, il reçoit la désignation du successeur au trône après avoir prêté serment d'en garder le secret jusqu'à la mort du chef. Bien qu'il puisse s'en passer, le chef n'agit jamais sans prendre son avis et ses décisions sont généralement le résultat d'un consensus. Il est à noter que les membres du conseil des 9 son inammovibles, puisqu'on y accède par voie de succession. Cette forme d'éligibilité confère à ces membres une certaine indépendance vis à vis du chef, celui-ci n'ayant pas le pouvoir de les démettre.
Source:CAMAROES N° 003 / G.FONGA